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Pourquoi la tache n’est-elle pas sous la fuite ?
L’eau qui passe sous une ardoise ou une tuile ne tombe pas tout droit. Elle coule le long d’un chevron, sur l’écran sous-toiture ou sur la face d’une volige, jusqu’à trouver un point bas, une jonction ou un clou. C’est là qu’elle traverse l’isolant et marque le plafond. Une tache au milieu d’une chambre peut venir d’une ardoise glissée un ou deux mètres plus haut, ou d’un solin à l’autre bout du pan.
Autre piège : toute tache n’est pas une fuite. Une auréole qui apparaît par temps froid et sec, sous un comble mal ventilé, vient souvent de la condensation. Une fuite de toit suit la pluie ; la condensation suit le froid. Noter le temps qu’il faisait quand la tache est apparue aide beaucoup la recherche.
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Où l’eau entre-t-elle le plus souvent ?
Sur un toit en pente, l’eau entre rarement au milieu d’un pan d’ardoises en bon état. Elle entre aux jonctions, là où la couverture s’interrompt :
- le faîtage, la ligne du haut du toit : faîtières descellées, mortier fendu, closoir déchiré (le closoir est la bande qui ferme l’espace sous les faîtières) ;
- la noue, l’angle rentrant où deux pans se rejoignent : elle reçoit l’eau des deux pans et se bouche de feuilles ;
- le solin de cheminée, la bande de zinc ou de mortier qui fait le joint entre le toit et la cheminée : il se décolle ou se fend ;
- la fenêtre de toit, par son raccord d’étanchéité ou ses joints : ce cas a sa page, fenêtres de toit ;
- la gouttière ou le chéneau, une gouttière encastrée dans le mur ou le toit : bouchés, ils débordent vers l’intérieur ; ce travail relève des gouttières et de la zinguerie ;
- une ardoise glissée ou une tuile cassée, souvent après un coup de vent.
Sur un toit plat ou un toit-terrasse, les points faibles sont d’autres : relevés, évacuations, membrane. Ils sont décrits sur la page étanchéité et toits plats.
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Une fuite qui n’apparaît que par forte pluie ou vent d’ouest
C’est la fuite la plus difficile à trouver, et l’une des plus courantes au bord de l’Atlantique. En novembre 2023, par exemple, Météo-France relevait en Bretagne une prédominance de vents d’ouest à sud-ouest, associés au temps perturbé. Par vent fort, la pluie ne tombe plus : elle est poussée presque à l’horizontale. Elle remonte alors sous les ardoises et passe là où le toit tient parfaitement par pluie calme.
Plusieurs causes produisent ce type de fuite :
- un recouvrement trop court entre deux rangs d’ardoises, sur un pan exposé ;
- un toit ancien sans écran sous-toiture, qui ne rattrape pas l’eau poussée par le vent ;
- un abergement trop court, c’est-à-dire la pièce de zinc qui entoure une cheminée ou une fenêtre de toit ;
- une rive mal fermée, le bord du toit côté pignon, du côté où le vent tape.
Par beau temps, rien ne se voit. La recherche se fait alors en reproduisant la pluie : on arrose le toit par zones, du bas vers le haut, pendant que quelqu’un guette l’eau depuis le grenier. Il faut parfois plusieurs passages pour isoler une fuite qui dépend du vent.
Une fuite dite « introuvable » l’est souvent parce qu’on a cherché juste au-dessus de la tache, ou un jour de pluie calme. Deux fuites peuvent aussi s’ajouter : on en répare une, l’autre continue, et l’on croit que la réparation a échoué. D’où l’intérêt d’arroser zone par zone, une à la fois.
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Comment se passe la recherche de fuite ?
- Ce que vous avez vu. Où est la tache, depuis quand, par quel temps, de quel côté soufflait le vent. Des photos aident.
- Le dessous du toit. Depuis le grenier ou le comble, on suit les traces d’eau sur le bois et l’écran, jusqu’à leur point le plus haut.
- Le dessus du toit. On contrôle les points faibles situés au-dessus de ce point, ardoise par ardoise si besoin.
- L’arrosage par zones, quand l’origine reste douteuse.
- Le compte rendu. Ce qui fuit, pourquoi, et ce qu’il faut faire, expliqué sur place.
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Et si l’eau entre en attendant la réparation ?
Si l’eau entre, la première chose à faire est de mettre le toit hors d’eau : reposer une ardoise, tendre une bâche lestée, colmater un solin en attendant la réparation. Rudy vous dit à la visite ce qui peut se faire tout de suite. Le but est simple : que la prochaine pluie n’ajoute pas de dégâts à l’intérieur.
La réparation définitive suit, avec les bonnes pièces et par temps sec. Elle dépend de ce qu’on a trouvé. Remplacer quelques ardoises ou reprendre un solin relève de la réparation de toiture. Un toit usé partout, dont les fuites changent de place, demande une réfection.
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Qui paie la recherche et la réparation ?
Tout dépend de la cause et de votre contrat. En général, l’assurance habitation prend en charge les dégâts à l’intérieur, comme le plafond, les peintures ou le mobilier, au titre du dégât des eaux. Elle ne paie pas, le plus souvent, la réparation d’un toit mal entretenu. La déclaration se fait dans le délai prévu par le contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés.
Locataire ou propriétaire, copropriété, maison qu’on vient d’acheter : ces cas sont détaillés dans le guide Fuite : que faire ?. Demandez au couvreur ce qu’il a trouvé, par écrit et avec des photos : ces pièces servent pour l’assureur.
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En attendant le couvreur
- Placez une bassine sous l’écoulement et protégez le sol et les meubles.
- Coupez le courant de la pièce si l’eau approche d’un plafonnier ou d’une prise.
- Ne montez pas sur le toit par temps de pluie ou de vent.
- Notez l’heure, la météo et le sens du vent à chaque écoulement : ce relevé fait gagner du temps à la recherche.
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