Aller au contenu

Le toit expliqué

Toiture abîmée par une tempête : que faire dans les 48 heures ?

Après une tempête, restez au sol : on ne monte pas sur un toit tant que le vent souffle, et on s'éloigne des ardoises qui pendent. Photographiez les dégâts, protégez l'intérieur, puis déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai du contrat, en général cinq jours ouvrés. Un couvreur contrôle ensuite tout le toit, y compris ce qui ne se voit pas d'en bas.

5,0 sur Google · 97 avis

01

Les premières heures : ce qu’on fait, et ce qu’on ne fait surtout pas

Tant que le vent souffle, on ne monte ni sur le toit, ni sur une échelle, ni sur le rebord d’une fenêtre de toit. Météo-France le dit en vigilance orange vent : « Je n’interviens pas sur les toits ». Un toit mouillé glisse, une rafale déséquilibre, et une ardoise à moitié arrachée peut partir au moment où l’on tend la main.

Au sol aussi, il y a des règles simples :

  • Éloignez-vous des façades abîmées. Une ardoise qui pend au bout d’un crochet tombe à la rafale suivante, et sa tranche coupe comme une lame. Gardez les enfants et les animaux loin de ce côté de la maison, et déplacez la voiture si elle est dessous.
  • Ne touchez jamais un câble tombé, même s’il paraît inerte. Enedis demande de ne pas l’approcher et de l’appeler au 09 726 750 suivi du numéro du département : 09 726 750 56 dans le Morbihan.
  • En cas de danger immédiat, par exemple une cheminée qui menace de tomber sur la rue ou un passant blessé, appelez les pompiers au 18, ou le 112.
  • Si l’eau coule près d’un plafonnier ou d’une prise, coupez le courant de cette pièce au tableau électrique.

02

Photographier les dégâts avant de toucher à quoi que ce soit

Les photos sont la première pièce de votre dossier. France Assureurs conseille de les prendre avant les mesures de sauvegarde, donc avant de déplacer les meubles ou de poser une bâche. Votre téléphone date chaque cliché : c’est ce qui prouve que les dégâts suivent la tempête.

Ce qu’il faut photographier, depuis le sol ou une fenêtre :

  1. Le toit entier, de la rue, puis chaque pan abîmé de plus près, avec le zoom.
  2. Les morceaux tombés : ardoises, tuiles, faîtières cassées, bout de gouttière. Gardez-les dans un coin du jardin, l’expert peut vouloir les voir.
  3. L’intérieur : taches au plafond, eau au sol, meubles mouillés, et les combles si vous pouvez y entrer sans risque, avec une lampe.
  4. Les dégâts autour : arbre couché, toit du voisin touché. C’est utile si votre contrat demande que d’autres bâtiments aient souffert.

Une courte vidéo qui fait le tour de la maison complète bien les photos.

03

L’eau entre : limiter les dégâts en attendant le couvreur

À l’intérieur, vous pouvez agir tout de suite : bassines sous les gouttes, meubles et cartons écartés, tapis roulés, serpillières au pied des murs. Dans les combles, si vous pouvez y marcher sans risque, une bassine ou une bâche sous l’endroit où l’eau tombe évite que l’isolant se gorge d’eau.

La mise hors d’eau du toit, elle, est un travail en hauteur. Il s’agit de reposer provisoirement les ardoises déplacées, ou de tendre une bâche fixée et lestée pour qu’elle ne s’envole pas à la rafale suivante. Ce travail se fait quand le vent est tombé, avec un harnais et un point d’ancrage. Une bâche mal tenue claque, arrache d’autres ardoises et laisse passer l’eau par ses bords.

Après une tempête, tous les couvreurs du secteur reçoivent des appels en même temps. Appelez-nous au 06 59 67 09 91 : on vous dit quand Rudy peut passer, et ce que vous pouvez faire d’ici là. Gardez chaque facture, celle de la bâche comme celle de la réparation : elles font partie du dossier.

04

Déclarer le sinistre à l’assureur : délai, preuves, conditions

La garantie tempête est dans votre contrat. Selon la FFB, tout contrat d’assurance de biens qui couvre l’incendie doit aussi couvrir la tempête. Elle couvre les dégâts du vent sur le toit, et France Assureurs y range aussi le mobilier abîmé par la pluie entrée par la toiture endommagée.

Le délai : cinq jours ouvrés en général. La FFB demande de déclarer dans les cinq jours ouvrés après avoir eu connaissance du sinistre. Votre contrat peut prévoir un délai plus long : vérifiez-le. Après les tempêtes importantes, les assureurs allongent parfois ce délai : après Ciaran, en 2023, il avait été porté à un mois. Ne comptez pas dessus, déclarez dès que possible.

Les conditions de vent : selon votre contrat. La loi impose la garantie, le contrat en fixe les conditions et la franchise. D’après La finance pour tous, la plupart des contrats exigent un vent de plus de 100 km/h, ou des dégâts sur des bâtiments de bonne construction dans la commune. Cherchez le mot « tempête » dans vos conditions générales avant d’appeler.

Une bonne déclaration contient :

  • votre nom, l’adresse du logement et le numéro de contrat ;
  • la date et la nature des dégâts (« ardoises arrachées sur le pan nord, eau dans la chambre ») ;
  • les photos datées ;
  • les factures de ce que vous avez déjà payé : bâche, matériaux, intervention d’urgence.

Faites-la par écrit, sur l’espace client de l’assureur ou par lettre recommandée, et gardez-en une copie. Pour la réparation définitive, demandez s’il envoie un expert avant de faire le devis.

05

Et la catastrophe naturelle ?

En métropole, les dégâts du vent passent en principe par la garantie tempête, pas par le régime des catastrophes naturelles. La FFB précise que des phénomènes liés à la tempête, comme une inondation ou une submersion marine, peuvent être pris en charge au titre des catastrophes naturelles.

Ce régime ne s’ouvre qu’avec un arrêté interministériel qui reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans votre commune, publié au Journal officiel. Service-Public indique qu’il faut alors déclarer au plus tard 30 jours après cette publication. La franchise est fixée par la loi, 380 € pour une habitation. Sans arrêté, c’est votre garantie tempête qui joue.

06

Ce que le couvreur vérifie sur le toit après une tempête

D’en bas, on voit les trous. Sur le toit, on cherche ce qui a bougé sans tomber. Rudy fait le tour des points où le vent prend prise :

  • Le faîtage, la ligne du sommet. Les faîtières se soulèvent, le mortier qui les tient se fend. C’est souvent là que tout commence, comme l’explique la page faîtage et rives.
  • Les rives, les bords du toit côté pignon. Le vent s’y engouffre et décolle les ardoises de bord ou la bande de zinc.
  • Les ardoises glissées. Une ardoise tient par un crochet ou des clous. Si le crochet se tord, elle descend de quelques centimètres et laisse une fente.
  • Les solins et les abergements, ces bandes de zinc ou de mortier qui raccordent le toit à une cheminée ou à un mur. Décollés, ils envoient l’eau dans la maçonnerie.
  • Les gouttières et la zinguerie : crochets arrachés, gouttière qui penche, descente déboîtée, feuilles et débris qui bouchent tout.
  • Les fenêtres de toit : le cadre en zinc qui les entoure, les joints, et les ardoises reposées autour.

À la fin de la visite, vous savez ce qui doit être refait et ce qui peut attendre. La réparation de toiture reprend ensuite les ardoises, les crochets et les raccords abîmés, sans refaire tout le toit.

07

Pourquoi les dégâts qu’on ne voit pas comptent autant

Une tempête soulève des ardoises qui retombent presque à leur place. Vues de la rue, elles paraissent en ordre. Mais leur crochet est tordu, et la prochaine pluie poussée par le vent passe dessous. Sous la couverture, un écran sous-toiture déchiré (la membrane tendue sous les ardoises) ou un liteau fendu (la latte qui les porte) ne se voient que de près.

L’eau qui passe ainsi ne coule pas tout de suite au plafond. Elle mouille d’abord l’isolant, la volige ou le haut d’un mur, et la tache apparaît des jours ou des semaines plus tard. C’est pour cette raison qu’un contrôle complet vaut mieux qu’un simple coup d’œil. Si une fuite se déclare plus tard, la recherche de fuite remonte jusqu’à son point d’entrée. Pour les gestes à faire face à une fuite, le guide fuite de toiture : que faire ? détaille la marche à suivre.

08

Lorient face au vent : ce que disent Ciaran et Austen

Le pays de Lorient prend les tempêtes de face. Le 2 novembre 2023, pendant la tempête Ciaran, le bulletin climatologique de Météo-France indique une rafale de 147 km/h à Lorient. La fiche de la station de Lorient-Lann Bihoué, à Quéven, retient 136 km/h ce jour-là. Selon son bulletin de novembre 2023, Ciaran est la deuxième plus forte tempête en Bretagne depuis 1980. Le seuil de 100 km/h a été franchi partout dans la région, sauf à une station d’Ille-et-Vilaine.

Pour la nuit du 22 au 23 octobre 2026, Météo-France a placé le Morbihan en vigilance orange vent, à l’approche de la tempête Austen. ICI Bretagne, d’après Météo-France, annonçait des rafales de 90 à 110 km/h dans les terres, ponctuellement 120 km/h. Sur le littoral et les îles, elles devaient atteindre 120 à 130 km/h. Plusieurs rotations entre Lorient et Groix devaient être supprimées, selon ICI Bretagne. Des vents de cette force peuvent soulever un faîtage fatigué ou une rangée d’ardoises mal tenue.

09

Avant la prochaine tempête : faire contrôler le toit à l’automne

Le vent profite des points faibles. Un faîtage dont le mortier se fissure, deux ardoises qui ont glissé, une gouttière pleine de feuilles : chacun de ces défauts donne prise au vent ou à l’eau.

Un contrôle à l’automne, avant les premières tempêtes, permet de les reprendre à froid, sans urgence et sans bâche. Rudy regarde le faîtage, les rives, l’état des crochets, les raccords autour de la cheminée et des fenêtres de toit. Il regarde aussi les gouttières, qu’il vaut mieux vider après la chute des feuilles. Appelez-nous en septembre ou en octobre : on fixe une date, et vous abordez l’hiver en sachant où en est votre toit.

Page mise à jour le .

Questions fréquentes

Une ardoise ou une tuile s'est envolée : est-ce que l'assurance paie ?

En général oui, par la garantie tempête de votre contrat habitation, que les contrats d'assurance de biens doivent prévoir. Les conditions dépendent du contrat : la plupart des contrats exigent un vent de plus de 100 km/h, ou des dégâts sur d'autres bâtiments de la commune. Le contrat peut aussi prévoir une franchise : lisez la partie « tempête » de vos conditions générales.

Combien de temps ai-je pour déclarer les dégâts de la tempête ?

Comptez cinq jours ouvrés après avoir constaté les dégâts, sauf si votre contrat prévoit plus long. Après les grosses tempêtes, les assureurs l'allongent parfois : après Ciaran, il avait été porté à un mois. Si une catastrophe naturelle est reconnue par arrêté, vous avez 30 jours après sa publication.

Est-ce que je peux monter moi-même poser une bâche sur le toit ?

Non, pas pendant le vent ni sur un toit mouillé : Météo-France demande de ne pas intervenir sur les toits en vigilance orange. Depuis l'intérieur, protégez ce qui craint l'eau. La bâche se pose une fois le vent tombé, par quelqu'un d'équipé pour travailler en hauteur.

Faut-il attendre l'expert de l'assurance avant de faire réparer le toit ?

Pour la mise hors d'eau, non : les assureurs demandent justement d'éviter que les dégâts s'aggravent. Pour la réparation définitive, demandez d'abord à votre assureur s'il envoie un expert. Dans tous les cas, photographiez avant, gardez les morceaux cassés et toutes les factures.

Mon plafond a une tache depuis la tempête, mais rien ne se voit sur le toit : que faire ?

Faites contrôler le toit de près, puis déclarez le sinistre dès que vous découvrez la tache : le délai court à partir du moment où vous en avez connaissance. Une ardoise soulevée puis retombée, un solin décollé ou un écran sous-toiture déchiré laissent passer l'eau sans rien montrer depuis la rue.

Et pour votre toit ?

Dites-nous ce que vous voyez : une tache, une ardoise déplacée, de la mousse. Rudy passe voir le toit et vous fait un devis gratuit.

Écrivez-nous